le ponte Vecchio

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18 oct. 2015

Mimi Thorisson

   Le dernier livre de Mona Chollet, « Chez soi », aborde la question de l’espace domestique. Dans cet extrait, l’auteure s’interroge sur l’image de la féminité véhiculée par la blogueuse cuisine Mimi Thorisson :  extrait, lire la suite sur  http://rue89.nouvelobs.com/

Mimi Thorisson ou l'hypnose du bonheur familiale

Comment s’en étonner ? Mimi Thorisson est célèbre. Elle a sa propre émission sur Cuisine+, la chaîne du groupe Canal+, et elle a publié à l’automne 2014 un premier livre de recettes, « A Kitchen in France ».
Les Américains l’adorent ; ils ne peuvent que l’adorer. Dans la vision qu’elle en donne, la France apparaît exactement conforme à leurs fantasmes : un pays de cocagne figé dans une éternité bucolique, peuplé de gastronomes joviaux habitant de nobles demeures en vieilles pierres. Mimi elle-même incarne à la perfection cette « femme française » à la fois mince, chic et bonne vivante devenue un filon éditorial aux Etats-Unis depuis le best-seller de Mireille Guiliano « Les femmes françaises ne grossissent pas »).
Mais elle fascine aussi ses compatriotes. Madame Figaro la range parmi les « blogueuses que l’on aime détester » (1er avril 2014). C’est que, sur le tableau de la féminité idéale, elle coche toutes les cases, et plutôt deux fois qu’une.
Etre une compagne, une mère, une cuisinière et une maîtresse de maison parfaite, belle et bien habillée, dont la vie de famille se résume à une longue suite de plaisirs et qui offre à sa progéniture une enfance de rêve : tôt ou tard, les femmes contemporaines en viennent à conclure qu’on leur fait miroiter là un modèle impossible. Elles se disent que cette créature est comme les licornes : elle n’existe pas. Et puis, bim ! Mimi Thorisson apparaît – ou une autre. Stupeur : les licornes existent bel et bien, en définitive.
Difficile de décider s’il faut y voir une bonne ou une mauvaise nouvelle. Une bonne, parce qu’elle réactive le rêve, elle renouvelle le stock d’images ; elle redonne un but à atteindre, qui consiste maintenant à lui ressembler (en langage de commentaire de blog, on dit qu’elle est « inspirante »). Une mauvaise, parce qu’à côté d’elle les autres se sentent nulles, malchanceuses et minables. 

Forcément, on cherche la faille, Non seulement elle réussit à être une licorne, mais elle n’a même pas l’air de trouver cela difficile ; elle n’a même pas l’air d’essayer. Ni ses cinq grossesses, ni une vie consacrée à la nourriture n’altèrent sa ligne impeccable. Quand elle accouche, c’est chez elle, seule avec son mari, « sans effort, naturellement », dans une chambre « pleine de roses », après que tous deux ont indéfiniment reporté le moment de partir à la clinique en raison de leur commune aversion pour les sols en plastique. Plus tôt dans la journée, elle avait lu quelques pages de « Mrs Dalloway » de Virginia Woolf, mis des draps propres à sécher au soleil et préparé à ses enfants une tarte aux poires pour le goûter ainsi qu’un clafoutis aux cerises pour le dessert.
Elle paraît vivre son quotidien à la tête d’une famille nombreuse avec une nonchalance hédoniste, tout en menant ses affaires tambour battant : émission de télévision, livres de recettes, fiches dans Elle, stages de cuisine…
Forcément, les autres lui tournent autour, cherchent la faille. Venue l’interviewer à l’occasion de la sortie de son livre, la blogueuse mode Géraldine Dormoy en profite pour jouer les espionnes – ou plutôt, elle vient pour jouer les espionnes : elle voulait, dit-elle, « vérifier sur place si le style de vie du clan Thorisson était aussi idyllique qu’il y paraissait ».
Au début, elle trouve un motif de soulagement :
« En voiture sur le chemin entre Bordeaux et la ferme familiale, près de Vendays, les paysages que j’aperçois ne dégagent pas tous un charme de carte postale. »
Mais, au final, elle fait chou blanc. Dans la maison, la seule fausse note qu’elle puisse repérer, à la faveur d’un passage aux toilettes, c’est un panier de linge sale en retard dans la salle de bains. Son hôtesse se révèle « aussi cool en vrai qu’en photo », et dotée du talent de « transformer le rêve en réalité ».

Trailer: THE ART OF COOKING WITH MIMI




21 août 2015

YOKO WATASE Callygraphe



 Prochaine exposition à Nantes au Manoir du Parc de Procé du 1er au 13 Septembre.

Yoko assurera la permanence de 13h à 19h .

Peut être vous donnera elle comme à moi l'envie d'apprendre la calligraphie japonaise,

 un enchantement...