le ponte Vecchio

le ponte Vecchio

18 avr. 2008

La phylosophie du cygne

...."Buffon se lance ensuite dans une riche nomenclature comme je les aime, faisant le tour du monde en mots. Cygnes se dit kuknos en grec; olor en latin, en arabe, baslak ou cinnana; en italien, cygno, cino ; en espagnol, cisne ; en catalan, signe ; en allemand, schwan ; en saxon et en suisse, elbsch ( supposé dérivé du latin albus, blanc) ; en anglais swan, et le petit, cygnet ; en suédois, svan ; en illyrien, labut ; en polonais, labec ; aux Philippines, tagac... après cela il insiste sur la grande beauté de l'oiseau, sa forme, ses mouvements, et prend à témoin Virgile,Ovide et une douzaine d'autres poètes. il ajoute que le cygne est également intelligent(" il ruse sans cesse pour attraper et saisir du poisson") et fort (" son coup d'aile pourrait casser la jambe d'un homme"). il vit aussi une longue vie-certains disent jusqu'a trois cent ans...
("ce qui est sans doute exagéré")
Puis Buffon passe à la géographie.
Puisque les cygnes se nourrissent souvent d'herbes de marécages et d'algues, ils aiment s'installer sur les fleuves tranquilles et les lacs.
ainsi donc l'oiseau est un "farouche voyageur du monde" et il est beau- mais c'est aussi
un modèle politique:" il est en paix avec toute la nature ; il vit en ami plutôt qu'en roi, au milieu des nombreuses peuplades des oiseaux aquatiques, qui toutes semblent se ranger sous sa loi;
il n'est que le chef d'une république tranquille , où les citoyens n'ont rien à craindre d'un maître qui ne demande qu'autant qu'il leur accorde, et ne veut que calme et liberté."

et plus loin... l'Arrivée.... Pendant ces quelques jours qui suivirent, j'ai hanté ce lieu. c'était tellement beau sur le bord du lac : les roseaux, le calme , la clarté de l'air. Je longeais les rives, ou m'allongeait sous un arbre, et attendais.
Deux jours passèrent , puis trois, puis quatre, sans que rien ne se produise.
Voici comment
j'ai continuer à vivre
jour après jour
sans que rien n'arrive...


Je continuais à marcher en silence au bord du lac. Puis au soir du cinquième jour d'attente attentive dans le crépuscule bleu et rose, il y eu un grand cri dans l'air, un grand...houhouhou!!!!suivi d'un bruissement d'ailes.
Soudain le bruit fut rempli de clameurs et de bruissement d'ailes. C'était comme le cri entendu autre fois sur la méditérannée: Le Grand Pan est mort, mais dans le sens inverse.

Soudain le vide fut rempli de clameurs et de battements d'ailes.
ils arrivaient en groupes de cinq à dix.
d'abord un groupe.
Puis un autre
Puis un autre.


J'ai attendu jusqu'au moment ou il y eut environ quatre vingt dix oiseaux sur le lac, puis je suis rentré à l'auberge pour dormir, avec la ferme intention de me lever avant l'aube.
Longtemps avant l'aube, j'étais aux aguets parmi les roseaux du lac, dans le marais jusqu'au genoux à un certain moment, attendant le lever du jour.
Ce sont les canards qui se sont réveillés les premiers, rasant la surface de l'eau, dans une grande agitation, tandis que les cygnes dormaient toujours.. Un miroitement et un frémissement sur les eaux bleu sombre, le vent dans les herbes dorées...
Ce n'est que lorsque le soleil s'est levé que les oiseaux à tête blanche se sont réveillés, déployant leurs puissantes ailes, et commençant à pousser un cri, tantôt ici, tantôt là.
Je suis restée au milieu des roseaux à les regarder , à les écouter, puis l'un d'eux s'est élevé dans l'air, suivi d' un petit groupe , tous criant en choeur.
Ils ont tourné, tourné, ils ont tourné tourné dans l'air vif et clair. Je les ai suivis des yeux et de l'esprit.

Sur le lac vide
ce matin du monde

les cygnes sauvages



Extraits du livre de Kenneth White "Les cygnes sauvages." Voyage - Haîku.

traduit de l'anglais par Marie Claude White aux éditions Bernard Grasset.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Un magnifique hommage à la nature ... j'adore cet extrait si bien illustré, tout à fait le style de roman que j'aime lire ... et relire ! Je note et m'en vais le commander chez Amazon (ma ruine ...)
Bonne fin de semaine Béa.
Amicalement.
Domi
PS : je ne sais pas si mon commentaire va passer ... j'essaie la case anonyme, ça marche un peu à l'envers ce matin !

lakevio a dit…

Très belle promenade dans le silence et les bruissements d'ailes.
Merci

maminabelle a dit…

Merci pour ton commentaire Béa ... en effet, ces marchés japonais, comme les rayons alimentaires des grands magasins sont un régal pour les yeux. Personnellement j'aime beaucoup leurs douceurs, rien à voir avec ce que nous avons chez nous, mais tellement plus subtils ... Je ne suis allée au Japon qu'en été, en 2006 et 2007, car c'est un des seuls moments où je peux prendre 3 semaines de vacances. La chaleur et la pluie ne m'ont pas gênée, même si je n'étais pas très loin du typhon l'été dernier, mais les meilleures périodes sont le printemps et l'automne ; ce sont aussi les périodes où il y a beaucoup plus de tourisme. Je pense y retourner cet été, je suis en train de préparer mon itinéraire ... je retournerai certainement quelques jours à Kyoto, car je m'y sens vraiment très bien et il y a encore beaucoup d'endroits que j'ai envie de visiter.
Bon week-end.
Amicalement.
Domi

n-talo a dit…

je suis bien heureuse que tu sois venu te promener dans mon jardin puisqu'en laissant ton adresse, j'ai peu venir faire un tour ici et je suis oh combien encore plus heureuse de tant de beautés, clic clic je reviendrais à coup sur

maminabelle a dit…

Bonjour Béa ... merci de ta visite. C'est vrai qu'Osaka est très tapageuse par rapport à Kyoto, ça participe au charme du Japon ...
Je viens de commander le livre de K. White, ton article m'a vraiment donné envie de le lire !
Bonne journée Béa.
Amitiés
Domi